Je ne me souviens plus où est-ce que j'ai lu cette phrase. Sûrement sur Twitter, le fait est que je l'ai notée et gardée dans mes notes depuis quelques temps sans trop savoir ce que j'allais en faire.

Aujourd'hui, en parcourant mon Simplenote, je suis retombé sur cette phrase :

Je ne quitte pas mon boulot, je quitte un cadre de travail.

Et j'ai tout de suite pensé au job que j'ai quitté en septembre 2019. J'étais alors en charge d'un projet e-commerce et de la communication au sens large dans un groupe industriel depuis octobre 2018. Un job bien payé, pour lequel on m'a fait confiance et où j'ai globalement pu travailler à ma façon puisque j'étais le seul à faire ce que je sais faire dans un groupe d'une centaine de salariés.

Les gens que j'ai côtoyés sont formidablement compétents et j'ai découvert que l'industrie en France au 21e siècle n'était pas une utopie. Il est possible de réaliser de belles choses, malgré les difficultés évidentes de la concurrence sur un marché pas uniquement français.

Malgré cela, j'ai négocié au bout de seulement 6 mois pour passer à 3/4 temps (récupérant ainsi mes vendredis) tellement l'ambiance interne était stressante. Les raisons ? Un ensemble de choses : des changements incessants dans le management, des départs de collègues sur des postes clé, une culture du chacun pour soi, ces choses-là étaient très compliquées à gérer pour moi. D'autant que je ne venais pas de cet univers et que dès que je parlais à des employés ayant fait leur carrière dans la boite, on te disait que c'était toujours comme ça... ambiance.

De mon côté plus le temps passait, plus ma frustration augmentait, les budgets promis n'existaient pas (on a voulu m’expliquer qu'un "budget" ça se débloquait selon les résultats commerciaux...), les objectifs maintenus, mais inatteignables, la résistance au changement (passive heureusement) plus importante que prévu, ma propre motivation en baisse. Et au final ce sentiment d'impuissance qui montait en moi car, au fond, tout le monde souhaite avoir des résultats et bien faire son travail même lorsque l'on a des bâtons dans les roues.

Rien n'est facile, mais il ne faut pas tout accepter.

J'ai donc décidé pendant les vacances d'été que je ne reconduirais finalement pas mon contrat. Et ça n'a, finalement, pas été compliqué car je n'ai pas quitté mon poste, mais un cadre de travail qui ne me convenait pas et où on ne me laissait pas avoir des résultats malgré le fait que ce soit possible.

Cette dernière phrase est importante. Si vous ne pouvez pas réussir (marché saturé, pas les compétences, pas d'objectif réel...), c'est normal de ne pas parier gros sur vous et dans ce cas autant changer de poste. Mais lorsqu'il y a une niche à prendre, qu'elle est là, devant vous et que tout le monde en est conscient... là ça fait mal. Soit je n'étais pas bon pour défendre mon bout de gras, possible mais pourquoi ne pas essayer ? C'est cette impression qui m'est restée : l'impression de n'avoir jamais été dans la course.

Aujourd'hui cela fait 3 mois que j'ai quitté cette entreprise. Je n'ai rien contre eux, j'en sors grandi avec moins de naïveté, plus de confiance en moi et surtout avec la volonté de ne plus être dans ce genre de situation à l'avenir. Je leur souhaite bon vent car j'ai clos ce chapitre de ma vie en déménageant de Charente pour m'installer à Marseille et retournant dans une activité d'agence web qui m'inspire et me correspond beaucoup plus.

Et je dois être honnête avec moi-même, l'industrie de la plasturgie contrevenait à mes convictions politiques les plus profondes, même s'ils ne sont pas responsables de tous nos maux, ce métier si spécifique a sa part de responsabilité dans la chaîne agro-industrielle qui produit cette overdose de déchets que notre société peine à réguler.